Marbrume



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 Seth - Père de la Douleur

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SethBanniavatar


MessageSujet: Seth - Père de la Douleur   Sam 4 Juin 2016 - 0:34




Seth




Identité



Nom : Goddric
Prénom : Seth
Âge : 34 ans
Sexe : Masculin
Rang : Ancien Capitaine de Bataillon, puis Sergent dans l'Extérieure, désormais Banni.

Carrière envisagée & tableau de départ avec les 4 PCs :
♦ Carrière du Banni - Briscard
♦ PC: +1 FOR / +1 INT / +5 PV / +1 ATT
Compétences et objets choisis :
♦ Arme de Prédilection (Hache)
♦ Coups Puissants
♦ Survie en milieu Hostile
♦ Intimidation

Objets :

Hache (1 Main) / Jambières de Cuir / Veste de Cuir / Gants de Cuir /

Détruire. Détruire. Détruire.




♦ Extrait d’un journal terriblement mal écrit, par un fils de pêcheur écrivant aussi bien que les poissons pêchés par son père. De fait, le narrateur a pris la liberté de réarranger certaines abominables tournures et de corriger les innombrables fautes, afin de rendre la lecture de ce torchon plus appréciable.

Toute la nuit, nous avons fêté ma promotion. Toute la nuit, et pourtant, j’en ai si peu de souvenirs. Ce fut un régal. En tout cas, le mal de ventre et de crâne dont j’héritai le lendemain semblaient corroborer cette supposition. Je n’avais que quelques images, quelques souvenirs d’odeurs, quelques impressions. Mais peu importe, aujourd’hui, je prends officiellement les armes en tant que Sergent dans l’armée de notre révéré Duc, pour le Morguestanc. Je suis peut-être un peu inquiet, je ne sais pas. Après tout, c’est la première fois que j’ai autant d’hommes sous mes ordres, et autant de responsabilités. Je ne suis pas habitué à être une pièce importante de la chaîne de commandement. J’espère que mon manque d’expérience sera vite comblé, alors. Que ce soit sur le terrain, ou simplement par l’aide de mes nouveaux pairs, et de mes supérieurs. J’ai hâte de rencontrer mon capitaine. L’on dit de lui qu’il est une légende, là bas dehors. L’on dit aussi qu’il tue plus qu’il ne respire. Des racontars, je pense, nul homme ne peut être aussi brutal, surtout à ce niveau d’autorité. Pourtant, son bataillon n’a jamais connu la défaite, paraît-il. En défense des terres comme en attaque des territoires voisins, ils forment une certaine élite. Ceux que l’on envoie pour débloquer la situation, peu importe le prix. Si ce capitaine est aussi redoutable que l’on dit, j’ai assez hâte de voir de quoi il est fait. Si c’est sous ses ordres que je sers…

Ah, cher journal, si vous saviez comme je suis heureux ! Jamais ma famille ou ma femme n’auraient pensé, ni même espéré que je puisse un jour devenir sergent. Un fils de pêcheur, même engagé dans l’armée et, je dois l’avouer, assez compétent, n’a que peu d’espoir d’en arriver là. Je doute de pouvoir grimper les échelons, mais si je me fais remarquer auprès du Capitaine Goddric, qui sait, peut-être pourrais-je gagner ses faveurs. Je vais clore ce chapitre ici, demain c’est le grand jour, et j’ai besoin de repos. Quoi que j’entends le petit pleurer en bas, je doute d’être couché avec le soleil ce soir… Je reprendrai la plume demain, après ma première dans le bataillon de Goddric. J’ai tellement hâte !


---###---

Eh bien ce fut… Instructif. Et surprenant. Nous sommes deux, moi-même et un autre dont le nom m’échappe pour le moment, à avoir rejoint le bataillon du Capitaine Goddric. Ainsi, nous étions tous les trois à son bureau aux aurores, et je mentirais si je disais que j’étais au mieux de ma forme. Le petit a les chicots qui poussent, et il rend nos nuits tout à fait infernales. Il faut bien que jeunesse se passe.

Je suis épuisé. Je m’attendais à, je ne sais pas, une sorte d’entretien pour la prise de nos fonctions, avec des instructions précises, et du travail pour au moins le prochain mois, facilement. Pas du tout. Si nous avions rendez-vous au bureau, en effet, ce n’est pas là que se passa… Disons l’entretien par commodité, même s’il n’en fut rien. Ou alors, il s’agissait là d’un moyen bien pervers de nous jauger.

Aux premières lueurs du jour, nous étions donc tous les deux, le nouveau sergent et moi-même, attendant à la caserne l’arrivée du Capitaine. Nous avons croisé quelques hommes de son bataillon dans les quartiers, et je dois avouer que l’impression qu’ils me donnèrent fut macabre. Ils ne parlaient pas, nous regardaient comme si nous étions des intrus (stupidité que voilà, n’étions nous pas tous des soldats ?), et nous adressaient, pour les plus agréables d’entre eux, de vils quolibets et des sifflements aguicheurs, en l’occurrence terriblement insultants. Mais peu importait, sur le moment, bien que la tête embrumée, j’étais convaincu de pouvoir faire bonne impression, et de prouver que j’étais un homme qui méritait son poste.

Nous attendîmes une bonne heure avant que quelqu’un se décide à venir nous chercher. Je n’échangeai aucun mot avec mon collègue, si ce n’étaient quelques politesses d’usage. Ni lui ni moi n’avions envie de faire la conversation, nous étions tous les deux assez nerveux. La personne qui vint nous récupérer était probablement la moins disciplinée et respectueuse des protocoles qu’il m’avait été donné de voir jusqu’à maintenant.

Il avait ses armes négligemment attachées à sa ceinture; une hache et une épée courte, glorieusement accompagnées d’une outre, dont la contenance était à coup sûr alcoolisée. Les braies qu’il portait étaient bien celles de l’uniforme militaire d’usage, mais il ne portait qu’une chemise à moitié ouverte et passablement salie par le vin en guise de haut. Sa démarche était nonchalante, il se promenait comme s’il était en visite des locaux, du pas le moins pressé du monde, sifflotant un air dont lui seul connaissait la mélodie. Pourtant, malgré ça, nous sentîmes tous les deux le danger. Il était de taille assez moyenne, il faut l’avouer, peut-être à peine plus grand que la plupart de ses confrères. Pas beaucoup plus. Une demi-tête ? D’ailleurs, parlons-en de sa tête. C’est de là que le danger vient; Ses cheveux sont grossièrement tressés à l’arrière de son crâne, sans habileté pour la coiffure visiblement, et ramenés en de lourdes mèches dans son dos. Blondes, de ce que j’ai pu en juger. Mais ce sont ses yeux qui m’ont interpellé. Narquois, et surtout, emplis d’une sauvagerie latente, et d’une colère sourde. Je ne suis pas quelqu’un de très doué pour juger les gens, mais ce n’est pas le genre de type qu’il est bon de mettre en colère, c’est moi qui vous le dis. Malheureusement pour nous autre, cet énergumène n’était autre que Seth Goddric, capitaine du bataillon que je venais de rejoindre. Mon enthousiasme venait d’être douché par les yeux suintant la violence de mon nouveau supérieur.

J’avais parlé d’un entretien, vous vous souvenez ? Probablement le plus musclé de toute mon existence.


---###---

«Toi, ensis, bouclier. Et toi… tiens, on va changer les habitudes. La même. Sur la piste. Lames au clair, prêt à engager. Retirez vos bottes aussi. Quoi ? Pourquoi ? J’en sais rien. J’ai dit : pas de bottes.»

Les deux sergents se faisaient face sur la piste de terre battue, à l’extérieur de la ville, un terrain de manoeuvre réservé aux exercices militaires de l’armée, pour l’heure désert. Ils n’étaient que trois. Les deux combattants, perdus, épées tirées et chaussures retirées, et leur arbitre ou tortionnaire, la différence n’était pas évidente. Assis sur un tronc mort, il tenait son outre dans une main, assis avec une négligence presque indécente, et observait, ouvertement moqueur, les deux belligérants.

«Me faites pas ses yeux. Vous êtes sergents, j’vous dis de tirer les lames, de vous faire face, y’a rien qui gigote dans vos citrons ? Allez, si j’dois vous donner des responsabilités différentes, au moins que je sache ce que vous valez. Foutez-vous sur la trogne, puisqu’il faut que je dise tout. Et c’est un ordre, au cas où vous vous posiez la question.»

Cela dura longtemps. Pour une raison essentielle : Seth n’avait pas dit quand cela devait cesser. Ni même à quel moment l’on considérait que l’un ou l’autre des deux sergents avait perdu le duel. Il n’était pas censé être à mort, si ? Ou alors, peut-être cela s’arrêtait-il au premier sang ? Visiblement pas.

«...Non mais c’est pas un bal mes mignons. Je veux du sang et des tripes. Ou un forfait, à la limite. Imaginez que le mec que vous avez en face de vous vous a piqué votre donzelle, a tué vos gosses, j’en sais rien moi. Là vous êtes pas collègues, vous voulez juste vous avoiner. Et dépêchez vous, sinon j’vous montre comment on fait, et ça sera la dernière chose que vous verrez.»

---###---

♦ Le journal étant toujours aussi mal écrit, mais rendu de plus en plus illisible du fait du stress de l’écrivain, le narrateur se permet une nouvelle fois de vous offrir une version plus digeste, arrangée selon ses goûts, mais conservant la fidélité historique du récit.


Je ne sais pas ce qu’il est advenu de mon comparse. A dire vrai, nous n’avons pris nos postes respectif qu’une semaine après l’entretien “musclé” organisé par le Capitaine Goddric. Le temps de panser nos blessures. Car blessures il y avait. Nombreuses qui plus est. Il ne stoppa le combat qu’au bout de deux heures. Deux longues heures pendant lesquelles, un sourire vicieux enraciné sur son visage buriné par le grand air, aux fossettes moqueuses et à la barbe florissante, tantôt il nous encourageait, tantôt nous huait, ne cessant de parler, railler, crier, que lorsqu’il buvait un coup. Sur l’instant, je me demandais comment un type pareil avait pu accéder à un tel rang. Et à vrai dire, je craignais d’en découvrir la raison, finalement. Je suppose que pour la famille ducale, seuls les intérêts du Morguestanc prévalaient. Mais je comprenais mieux les regards et mines des hommes de son bataillon maintenant que j’avais vu celui qui leur commandait. S’ils étaient tous de sa trempe, ma carrière allait être mouvementée.

Il m’a laissé une drôle d’impression. Il avait demandé, ordonné même, que nous nous battions, et pourtant, quand j’avais le temps de l’observer, il avait surtout l’air de complètement se moquer de ce que nous faisions. Je pense que vider mon collègue de ses boyaux n’aurait probablement pas suffi à éveiller la moindre étincelle d’intérêt. Cela dit je n’avais aucune envie de le provoquer. Seuls ses bras étaient découverts, mais ils laissaient bien voir des membres plus aptes à tuer qu’à serrer des mains ou manier la plume. Il en allait de même pour son regard : des yeux d’animaux. C’est pour ça que mon collègue comme moi-même nous sommes battus sans trop poser de questions. Il n’était pas de ceux que l’on avait spécialement envie de contrarier.

Je vais cesser d’écrire pour ce soir, j’ai du mal à mettre mes idées en place. Mais je ferai de mon mieux pour relater mes… aventures ?

♦ Cet extrait là date de plusieurs mois après le précédent. Les écrits sont difformes, parsemés de gouttes d’eau qui fatalement, on fait baver l’encre, et rendu plus de la moitié du récit totalement illisible. Par chance, le narrateur disposant d’une certaine clairvoyance quant aux pensées des personnages qu’il fait intervenir, le récit vous sera ainsi traduit avec une grande fidélité.


Je pleure, moi le sergent, en écrivant ces mots. Non pas que je sois un faible, ou en tout cas, je ne me suis jamais considéré comme tel. Je ne suis pas triste non plus, même si je pense que la tristesse serait légitime, aujourd’hui. Je vais tenter de retracer fidèlement ce qu’il s’est passé ces dernières semaines. Je vais sûrement encore pleurer. J’ai assisté à ce qu’un homme pouvait être quand l’humanité le quittait totalement, ne laissant que ses plus basses pulsions et ses pires instincts prendre le dessus.

Le Capitaine Goddric m’inquiétait, auparavant. Il était d’une brutalité qui m’était jusqu’alors inconnue, et semblait libre de toute autorité. Même lorsque les généraux et autres hauts dignitaires de l’armée s’en prenaient à lui, il semblait s’en moquer. Il se savait indispensable, et en jouait beaucoup. De ses mots comme de son attitude, le respect était totalement absent. Une fois seulement, je l’ai vu être… Pas agréable, mais au moins tolérant, avec une personne venue discuter avec lui. Vu la ressemblance entre les deux, je suppose qu’il devait s’agir de son frère ou d’un proche parent. Dire qu’un seul me semblait déjà de trop, voilà qu’ils étaient probablement deux, et qui sait, peut-être plus. Mais sur le moment, cette réflexion, je la tus immédiatement. J’évitais aussi de regarder le capitaine autant que faire se pouvait. Il avait tendance à réagir assez brutalement avec ceux qui le regardaient fixement. Au début, je pensais qu’il avait simplement honte de quelque chose, ou était dérangé. Mais pas du tout. Il était juste purement et gratuitement méchant, et l’observer lui donnait un prétexte pour nous en mettre à tous plein la figure. Si des militaires lisent ce journal, je doute qu’un jour, votre supérieur ait décidé, sur un coup de tête, parce que vous l’aviez regardé, de vous coller aux latrines, à récurer pieds nus et torse nu les crasses de vos collègues, et ce pendant une semaine, n’est-ce pas ? Eh bien Seth Goddric n’hésitait pas. Et je ne relate que les sentences les plus douces, ici.

Quoi qu’il en soit, nous étions, depuis mon dernier écrit, en campagne. Quelque chose d’assez commun, finalement. Des barbares du sud. Nous avons passé un bon mois dans le sud du pays, ce qui n’était, de prime abord, pas désagréable. La présence du capitaine Goddric était disons, un frein à mon enthousiasme, mais j’étais assez heureux de pouvoir faire mes preuves et prendre les armes pour la famille ducale et, par extension, pour le royaume tout entier.

Je commandais, second du capitaine Goddric, les régiments de fantassins. Nous étions ainsi en première ligne, et devions… Comment disait-il ? Faire le ménage avant l’arrivée du gros des troupes. Nettoyer les camps les plus avancés. Les soldats disaient que c’était leur lot. Sous les ordres du capitaine, leur bataillon “d’élite” comme ils aimaient à le dire, était toujours envoyé comme un bélier contre les avant-gardes ennemies. Ainsi, ils pouvaient laisser libre court à leur brutalité sans que l’on ne le leur reproche. C’était sûrement pour ça qu’ils étaient une phalange essentiellement employée contre des étrangers. Il était de fait bien plus facile de rester sourd et aveugle à leurs frasques.

Ce que je peux dire, c’est que j’ai rarement vu autant de sang de toute ma vie. Bon, ils étaient nombreux en face, et nous aussi. De fait, les tueries ont été violentes. Ce n’était cependant pas le plus perturbant. Avez vous déjà donné une arme à un fauve qui, par miracle, saurait s’en servir ? Avez-vous seulement déjà vu un fauve bondir sur sa proie pour la dévorer ? Bien souvent, elle finit déchiquetée, côtes et organes à l’air, encore chaude, pendant mollement dans la gueule de son chasseur.

Après cette bataille, relativement unilatérale, j’étais au moins sûr d’une chose : je prierais chaque jour pour la paix. Je n’avais plus envie, même pour tout l’or du monde, de livrer bataille sous le commandement du capitaine Goddric. Oh, ses tactiques furent efficaces, étonnamment meurtrières même. Si bien que la bataille fut quasiment gagnée au moment où le plan fut achevé. Mais lui-même au combat, c’est un spectacle que j’aimerais bien ne plus avoir à subir. Tuer semble lui procurer un plaisir aussi indécent qu’intense, mais pis que cela, il semble également ne pas en avoir assez. Il lui faut plus. Bien qu’ils soient également les miens, je plains sincèrement ses ennemis.


---###---

«Où est le capitaine ?

- A l’entrée du camp ennemi, près de la tente de commandement. Vous devriez éviter d’le déranger, Sergent. Pas quand y s’amuse.

- »

Le sergent aurait du suivre les conseils de son subordonné. Fatigué, couvert de crasse, de boue, de sang, il avait encore les idées ailleurs, dans le combat qui venait de prendre fin quelques dizaines de minutes plus tôt. La harde ennemie était en déroute, les quelques fuyards avaient déjà disparu du champ de vision acéré des éclaireurs, il ne restait plus que des cadavres encore chaud, qui allaient, d’ici peu, tous être froids.

Le Sergent, fier des performances de l’unité dont il avait la charge, était décidé à faire son rapport aussi vite que possible afin d’être débarrassé, et également, gagner quelques points auprès du Capitaine Goddric. Pas qu’il l’estime, il en était même venu à haïr cet homme. Mais il faisait consciencieusement son devoir, et avait pris, aujourd’hui, conscience des talents de son supérieur; leur victoire avait été parfaitement écrasante.

Cependant, il ne comprit l’avertissement du soldat que lorsqu’il fut à l’endroit où Seth Goddric finissait, à sa manière, la bataille qui venait d’avoir lieu. Pendu par les jambes à un vieil arbre mort poussant non loin du camp, le chef des armées ennemies, pour peu qu’elles méritassent ce nom, suppliait dans une langue inconnue du sergent (il ne fallait pas être expert pour comprendre ce qu’il braillait), de le tuer, ou de lui laisser la vie.

Au sol, et le sergent eut un frisson de dégoût en le constatant, quelques brindilles ensanglantées jonchaient la terre battue par les sabots et les pas. Brindilles qui s’avérèrent être les doigts de la victime du tortionnaire, qui pour l’heure, était assis contre le tronc, buvant un breuvage appartenant à ses ennemis. Alcoolisé, probablement, vu l’air fat qu’il arborait en observant le pendu. La tête de ce dernier était violacée. Il devait être là depuis déjà un bon moment. Dans la tête, on entendait des cris. Et pas d’hommes. Mais ça n’était pas ce qui monopolisait l’attention du pauvre sergent.

«Capi… Capitaine Goddric. Nos éclaireurs nous ont rapporté que la troupe d’avant garde ennemie est totalement vaincue. Notre mission est accomplie. Mes hommes ont empêché les éclaireurs de rejoindre le gros des forces barbares. Je… Que faites-vous ?»


Le capitaine Goddric ne prit pas la peine de répondre. La tâche de son sergent était accomplie, soit. Il n’en avait pas grand chose à faire, à vrai dire. Il n’était pas venu là pour réussir la mission. Seulement pour mettre des gens à mort. Les combats avaient été extrêmement violents dans le campement. Et la plupart des corps qui jonchaient le sol… étaient éparpillés. Un peu partout. Celui ou ceux qui avaient fait ça ne s’étaient pas contentés de vaincre leurs ennemis, ils avaient humilié les dépouilles et avaient fait montre d’une sauvagerie à laquelle le sergent était heureux de ne pas avoir assisté.

«Retourne avec les autres, balança Seth d’un ton railleur. J’en ai pas fini ici. Il montra d’un geste équivoque la tente dans laquelle résonnait toujours des cris. Tu savais que chez ces gars, ce sont des femmes qui guérissent les hommes ? J’me suis fait un peu mal aujourd’hui, on va bien voir ce qu’elles valent. Dis à tout le monde de plier les gaules. On décarre demain à l’aube. Pas envie d’être dans le coin quand ça va partir en couille.»

Il esquissa un sourire malingre, et, se grattant négligemment l’entre jambe, laissa le chef agonisant toujours, pendu à son arbre, et entra dans la tente. Non sans bousculer d’un geste de l’épaule son sergent.

Les bruits des coups et des rires gras de Seth étaient perceptibles même à la sortie du camp, constata amèrement le Sergent. Il était profondément dégoûté. Et ne pouvait s’empêcher d’admirer ce même homme, pourtant immonde, pour son art de la guerre. Violent, efficace, meurtrier, et ne laissant que rarement place à la réplique. Et c’était un leader hors pair; ses hommes lui obéissaient mieux que des chiens dressés. Pour un militaire, c’était un spectacle qui avait de quoi forcer le respect. Pourtant, ce respect était entâché par le profond mépris que le capitaine Goddric semblait éprouver envers toute autre personne que lui.

---###---

♦ Le narrateur a de plus en plus de mal à comprendre les écrits du sergent sans nom. Il semble atteint d’une obscure forme de stress, de dépression, peu importe. Il devient fou. Mais comme certains des passages de son journal sont à peu près fidèle à la réalité des événements, il s’arrangera pour vous les retranscrire. Vous aurez compris que la plume n’est plus vraiment celle du sergent, qui peut difficilement aligner quelques mots sans se mettre à pleurer, ou vomir, quand ce n’est pas les deux.

Trop de choses se passent. Qui sommes nous, hommes ou femmes, nobles ou petites gens, soldats ou paysans, pour lutter contre les infâmies du monde ? Qui sommes nous ? Je ne sais pas, mais force est de constater que nous ne sommes pas grand chose. Quantité négligeable, facile à détruire. Ah ça… Hahaha, oui, nous sommes si faciles à détruire. Nous ne pesons rien dans la balance de la vie. Notre chair est fine, notre sang coule vite, et si peu qu’il en coule, nous mourrons. Terrassés par l’anémie, ou la maladie, la gangrène, la folie, ou parfois, par une décision, un choix. Si un autre homme décide de vous tuer, il n’est finalement rien de plus facile que de mettre en pratique cette volonté.

Il m’a ouvert les yeux. Je le tuerai un jour. Mais il m’a beaucoup appris. Je le sais. Cet homme, comment le décrire en quelques mots… Je le connais bien. Il a beau être inscrit dans une chaîne de commandement, le Capitaine Goddric fait toujours fi des ordres ou des recommandations. Il ne fait que ce qu’il veut, quand ça lui chante. Et encore, parfois il change d’avis et retourne tout simplement sur un coup de tête. Tout comme ses humeurs, aussi vives que changeantes. Vous voulez savoir ce qui maintient, en premier lieu, la cohésion de son bataillon ? La peur. Le respect du combattant aussi, mais il n’est que broutille face à la terreur qu’il inspire. D’humeur ordinaire, il pourrait paraître ridicule, tant il est nonchalant, presque benêt dans ses façons de sourire sans raison, de faire des blagues idiotes sans aucun rapport avec les discussions en cours.

Puis il s’énerve. Et le premier qui passe à sa portée passe le pire quart d’heure de sa vie. Il remercie bien souvent les dieux s’il y survit. Je les ai souvent remercier. Quant aux prières visant à supprimer cette engeance de la surface de notre monde, les dieux semblent y être sourds.

Je dois être stupide.

Je pensais que lorsque l’on tuait quelqu’un, c’était dans le feu de la guerre. Que les dieux, les rois, ces hauts pensants, ces gens dignes et intelligents, prônaient l’honneur de l’ennemi autant que celui des alliés.

Je dois vraiment être un crétin.

Je ne saurais qualifier le combat de mon capitaine.

Ce que je sais, c’est que le seul moment où il semble prendre goût aux choses, c’est une hache en main. Et… Au début, je pensais qu’il aimait la violence, ou peut-être que la seule chose qui le faisait sortir de l’ennui mortel de la vie de tous les jours, c’était le combat.

Je suis le pire des crétins.

Voilà une bien belle erreur. Car ces guerriers existent, ceux qui ne vivent que pour le combat, cette sensation de toute puissance conférée par le choc des armes et les ennemis trépassant sous nos coups. Il n’en fait pas partie. Il ne se contente pas de tuer. Il laisse couler des flots de sang avant d’autoriser sa victime à mourir. Il la mutile horriblement. Lui coupe la langue. Parfois lui arrache les yeux. Il se livre à des sévices dont le résultat est trop horrible pour que j’en parle. Y penser provoque de violents cauchemars. Et je suis un habitué de la guerre, pourtant.

S’il est aussi violent, et je le tiens de sa bouche, c’est pour une seule raison, aussi simple qu’elle est choquante : parce qu’il le peut. Pourquoi arrache-t-il un oeil ? Car il peut le faire. Car si on glisse avec soin la pointe d’une dague derrière le globe, et que l’on fait levier avec, alors il finit par tomber. A partir du moment où l’on peut faire quelque chose, pourquoi ne pas le faire ? Voilà ce qu’il dit. “Si tu peux faire quelque chose, rien ne t’empêche de le faire.”

C’est bien pire que ce que j’imaginais. Son plaisir, il ne le prend pas toujours dans la souffrance. Surtout dans le fait de voir que ce qu’il peut ou veut faire est effectivement réalisable. Il me terrorise. J’aurais préféré un sadique. Un tyran, un violent de nature, au sang chaud. Mais pas une particule libre, brûlant de flammes aussi froides que son regard. Car on ne sait jamais ce qui peut nous tomber dessus, ni quand. Le mieux à faire, quand il vous regarde, est de baisser les yeux.


♦ Cette fois ci, le narrateur prend la liberté d’écrire dans le journal du sergent. Il le ferait bien, mais il est alité, et ne pourra probablement plus jamais écrire. En tout cas, pas sans s’entraîner à manier la plume à la pointe de la langue et du bout des lèvres. D’ailleurs la pointe de la langue ne lui sera plus jamais d’aucune utilité. Seth Goddric l’a conservée avec lui. Dans une outre de vin, paraît il. Ainsi, le narrateur va temporairement se glisser dans la peau du sergent, et relater quelques petites choses. Les derniers instants qu’il vécut en compagnie de son capitaine.

La fange. Je ne sais pas ce que c’est. Je sais juste qu’elle nous tuera tous. Qu’un régiment entier est moins fort que dix d’entre eux. Qu’ils ravagent et détruisent tout. Qu’ils font la joie de mon capitaine. Enfin des adversaires intéressants, qu’il dit. Enfin des victimes qui peuvent venir réclamer vengeances une fois qu’on en a fini avec elles, qu’il dit. Dommage qu’elles n’aient pas les voix de ces charmantes puterelles que l’on paie trois sous l’heure pour se vider les couilles, qu’il dit. Cet homme est fou, je crois. Inconscient, manifestement. Je ne pourrai pas le tuer, mais j’ai peut-être, je dis bien peut-être, rendu justice.

J’étais témoin de trop de choses que mon coeur d’homme ne pouvait accepter. Mon devoir me commandait de me taire, mais c’en était trop.

Qu’il brutalise ses ennemis, après tout ce sont des barbares, peu m’importe. Qu’il les laisse à une mort lente, douloureuse, en leur retirant lentement les membres, de préférence sans les tuer sur le coup, qu’il les salisse volontairement de glaise, de bave animale, pour laisser gangrène et maladie les tuer, je m’y étais presque habitué.

Qu’il m’ordonne de lui servir d’accompagnateur pour ses virées meurtrières, là non, c’était impossible.

Je suis… Je suis marié. Je suis père. Je méprise un peu les professionnelles de la luxure et du stupre. Elles sont indignes, à mon sens. Décadentes, indécentes. Mais aucun des Trois ne dit un jour que ce qu’elles faisaient étaient mal. En un sens, ironiquement, elles étaient peut-être les plus ferventes servantes de Serus que l’on puisse trouver, elles qui entretiennent et assouvissent les appétits des hommes.

Mais il est des hommes dont l’appétit n’est pas celui de la partie principale de la clientèle. Certains ont d’horribles appétits, sortis des plus vils cauchemars tissés par Rikni, auxquels même elle, que gloire lui soit faite, n’aurait pas pensé. Nul doute qu’il aurait pu être sa muse des horreurs.

Je me souviens encore de ces cours particuliers. Lui qui me jugeait fragile, et avait décidé de prendre mon éducation en main (n’étais-je pas son second, après tout ?). J’aurais mieux fait de me péter les jambes, je vous le dis.

Il n’y avait que lui pour donner des cours dans un bordel.

Il n’y avait que lui pour me laisser faire le piquet près du lit pendant qu’il s’en donnait à coeur joie. Et non, il ne s’agissait pas des cours en questions. Ils ne venaient qu’après avoir rentabilisé la somme qu’il payait. Le manque de pudeur de ce monstre était répugnant. Entendre ses grognements, les gémissements de l’autre puterelle, le laisser m’imposer ça… Je me suis demandé pourquoi. Et puis, idiot que je suis, j’ai trouvé la réponse tout seul : parce qu’il le peut. Il pouvait le faire. Alors il l’a fait. Tout comme le cours qui suivit.

J’ai encore les images gravées sur mes yeux. Le bâillon, fermement enfoncée dans la bouche de la pauvre âme, qui ne savait pas ce qui allait lui tomber dessus. Moi non plus, mais je le connaissais assez bien pour savoir ce qui allait se passer. Je me pissais dessus d’avance. Littéralement.

Son frère savait-il ? Je suis à présent certain qu’il n’est pas l’unique progéniture de ses pauvres parents. Etaient-ils des précurseurs de fangeux pour donner naissance à pareille engeance ?

Je vois encore le coutelas passer entre chaque côte de la demoiselle. Chacune d’elle. Ouvrant, avec une lenteur calculée, la peau sur la blancheur rosée par le sang des os de la demoiselle. Observer le spectacle un moment. Ajuster son “oeuvre”. Tenter de lui ouvrir l’abdomen sans la tuer. Pour mon plus grand malheur, réussir. Observer encore. Je vois encore la terreur dans les yeux de la prostituée. Pourquoi ? Parce qu’il le peut. “Pouvoir”, un verbe auto-suffisant. En tout cas, ça semblait être le cas pour le capitaine Goddric.

Et cela durait la moitié de la nuit. Les doigts, toujours, étaient sectionnés. Ne se leurrons pas, la moitié de la séance se passa entre deux inconsciences de la victime. Nul corps ne pouvait subir pareil sévice sans succomber. Il en allait de même pour l’esprit.

A la fin, elle n’était plus identifiable. Ou plutôt… Elle n’étAIENT plus identifiable. Elle occupait toute la chambrée. Spatialement. Un peu sur le lit. Un peu par terre. Beaucoup sur le tapis. Un peu partout, en fait. Pour des fous, la scène aurait pu paraître comique. Mais à un moment donné, tenant fièrement ce qui était… Un rein, je crois ? Il s’aperçut que l’heure tournait. Alors il l’a balancé par la fenêtre ouverte, en m’exhortant de dégager. Il était couvert de sang. C’était une vision horrible.

Il a balancé un rein par la fenêtre. Comme on jette un seau de merde. Par la fenêtre. Nerveusement, repenser à ça me fait ricaner.

Mais c’était beaucoup trop. Nous partîmes rapidement, quand le capitaine descendit et passa devant une des hôtesse, la vision cauchemardesque d’un capitaine tout de sang vêtu l’alerta. Et elle courut vers la chambrée que nous occupions. Au moins, son évanouissement nous laissa quelque répit.

J’étais abattu, mais quelque part en moi subsistait quelque révolte. Je pris donc la seule décision de ma vie à l’encontre d’un supérieur. Ce fils de la fange, pire encore dans ses exactions que ces maudits revenants. Eh bien qu’il les rejoigne, et laisse les humains vivre ensemble.

Grossière erreur.

Je dénonçai ses atrocités, et en rajoutai même. Incapacité au commandement (il n’avait pas supporté être rétrogradé lors de la fusion des armées), inaptitude à la direction, impossibilité de communiquer, abus de pouvoir, violences injustifiées. Une fois devant le capitaine de la milice extérieure, puisque tel était le nouveau nom de notre corps d’armée, eh bien les mots sortaient tous seuls. Je ne me privai pas, ainsi, m’assurant quelque part que quoi qu’il arrive, la justice serait la plus sévère possible avec lui.

Je ne me doutais pas qu’elle le serait aussi avec moi.

En rentrant, tard, la journée fut longue, la maison empestait. Une odeur des plus horribles. Je suffoquais, et avais une envie de rendre tout ce que j’avais mangé les six derniers mois. Ma maison empestait le brasier funéraire, c’était surréaliste. Je me dis que finalement, je devenais fou. Qu’il avait eu raison de moi. Ce fut le cas à la fin de la soirée ceci étant.

Ainsi, pendant que ma femme et mon gosse cramaient tranquillement dans la cheminée, le capitaine Goddric, ou devrais-je dire, le futur ex-sergent Goddric, était assis à ma table, buvant mon vin, les pieds sur la table comme s’il était chez lui. Il était venu réclamer justice. Et n’avait visiblement pas jugé bon de m’attendre pour commencer les festivités.


J’étais tellement choqué que je ne le sentis même pas approcher. Il venait, en mon absence, de détruire ma vie. Que pouvais-je bien faire ? J’avais la certitude qu’il serait arrêté, et envoyé en pâture à la fange. On venait tout juste d’instaurer cette peine, j’étais heureux qu’il l’inaugure.

Je me souviens d’avoir été assommé avec une violence que j’avais longtemps espéré ne jamais avoir à subir. Je me réveillai quand une douleur inimaginable me secoua le bras. Je venais de perdre une main. Sectionnée par Seth Goddric.

L’autre suivit. Je hurlai, aussi fort que je pouvais, ma gorge brûlait si fort que je crus un moment que des flammes allaient en sortir. Il ne s’amusait même pas. Son visage était impassible, on eut dit qu’il se contentait de nettoyer une vitre. Il venait de trancher mes deux mains, et ni la rage, ni la joie qu’il avait toujours affichée sur son visage d’ordinaire ne venait rompre cette froide et horrible sérénité. C’était pis que tout. Il m’assomma à nouveau. Au point où il en était, c’était fort dispensable, mais pensez vous.

Ce fut nettement plus évident pour lui de me couper la langue, ainsi. Ce qui ne manqua pas de me réveiller. J’aurais préféré mourir, je l’avoue. Aujourd’hui encore, j’espère mourir. Car il aurait pu me laisser agoniser là, sur cette chaise, me laisser me vider de mon sang, mais il ne voulait pas que je succombe. Son sens de l’ironie et sa cruauté sont admirable, voilà un fait parfaitement indéniable. Car il cautérisa, altruiste qu’il était, les plaies sanguinolentes. Au tison, faute d’avoir de vrais moyens. Le dernier geste de ma défunte femme fut de me brûler les chairs afin de m’empêcher de la rejoindre.

---###---

J’étais là. Le jour où il fut marqué. Le jour où il fut renvoyé. Le jour où on le condamna à finir tel qu’il était en esprit : un fangeux. Ce fut la dernière étincelle de joie que je ressentis.

Celle de voir l’homme que j’avais jadis admiré, puis haï, puis craint au delà du raisonnable, l’homme qui avait fait de ma vie l’enfer le plus douloureux qui soit, le voir banni, à jamais. La mort n’était pas un supplice assez dur, il l’avait démontré maintes fois. Trop pour que je les compte. Cet homme était fait de chair pâle et d’os, comme nous. Mais chaque fois que je le voyais, j’avais l’impression de le voir teint de rouge. Riant et jouant avec les vies comme si elles n’étaient rien. Et je savais ce qu’il en était, c’était mon pire regret : il avait raison. Et… J’enrage rien que d’y repenser, mais il n’arrêta pas de sourire. Du moment où la sentence fut prononcée, à celui où les portes se fermèrent derrière lui, il souriait.

Et en mon for intérieur. Je savais très bien que la fange ne l’aurait pas facilement. Ils ne s’attaqueraient peut-être même pas à lui. Il n’était pas de notre espèce. Rien d’humain ne subsistait vraiment en lui.

Et si la fange n’avait pas sa peau, alors, il reviendrait me voir. Je prie pour mourir. Rapidement. Faites, par pitié, que ma vie cesse avant que les murs ne l’accueillent à nouveau. J’en implore les trois.


---###---

Seth était quelqu’un d’assez pragmatique, pour oublier un peu les plus glorieux aspects de sa personnalité. Il savait pertinemment que s’il restait à errer dans les faubourgs, la milice le trouverait, et l’exterminerait cette fois pour de bon. Et il comptait bien emmerder le monde encore longtemps. Pourquoi ? Parce qu’il le pouvait, tout simplement. Si les fangeux étaient depuis une semaine ou deux une horrible menace, Seth ne les craignait pas vraiment. Il n’avait eu affaire à eux qu’une ou deux fois seulement, et ils étaient deux ou trois coutileries contre deux ou trois fangeux au maximum. Il ne les sous estimait pas, mais considérait plutôt qu’au moins, se battre nécessiterait du talent, et la victoire serait bien plus gratifiante.

Sachant qu’au besoin, son frère, Zelvajra, la seule personne de l’univers qu’il tolérait, voire respectait un minimum, lui filerait de quoi subsister, il vola une hache à un bûcheron et s’enfonça dans les marais, la seule zone où la milice ne viendrait pas fouiner trop avant.

Il était un paria, mais un paria qui voulait vivre. Un paria qui savait ce qu’était la survie en milieu hostile. Un paria qui savait que s’il voulait vivre, il allait devoir bâtir sa forteresse. Composée de branches d’arbres et de feuillages épais. Il était seul. Le village des bannis, il en était l’un des “pères fondateurs”, si l’on puis considérer Seth comme père d’autre chose que de Mort et Douleur.

Il était seul. Il avait peur. Et c’était la chose la plus grisante qu’il connaissait. Le premier à gâcher ces instants de paix douloureuse et terrifiante fut Ian. Il s’appelait Turian, mais Seth trouvait ça trop long. C’est par les poings que se traduisit leur quasi premiers mots. Et par une balafre chacun. Seth venait de trouver un second frère. Réellement. Il n’aime personne, soyons clairs. Même son frère, il lui collerait des mandales à répétitions si sa vie n’avait pas, bien souvent, dépendu de lui et de la défense qu’il prenait quand l’aîné violait la moitié des lois en vigueur dans le pays. Quand il ne violait pas autre chose. Mais il le respectait, et aurait tout fait pour lui. Ian c’était pareil. Et peu à peu, vinrent les autres.

«Seth, Zelvajra, Sambre, Turian, Silas. Un bourdonnement, c’est la dernière chose que vous entendrez lorsque vous croiserez leur chemin.»

Soi réel




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Ambre de VentfroidFondatriceavatar


MessageSujet: Re: Seth - Père de la Douleur   Sam 4 Juin 2016 - 1:14
Oh le vilain. Va falloir le dresser celui-là :v

Très belle fiche, j'admire la façon dont tu réussis à changer de registre et ta façon de décrire selon tes fiches et tes personnages.

C'est avec plaisir que je te valide une quatrième fois Morion. =)

Bon jeu avec ce timbré.
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Seth - Père de la Douleur
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